La naturalisation des cours d’école

Pour certains enfants, la cour d’école constitue un lieu terrifiant; trop vaste, sans repère, sans intimité. Pour d’autres, il s’agit simplement d’un lieu ennuyant où seuls les sports d’équipe bruyants ont la côte. Pour contrer ces problèmes et permettre aux enfants d’évoluer dans un environnement plus riche et diversifié en expériences, des écoles, de plus en plus nombreuses, ont troqué l’asphalte pour la verdure. Plantation d’arbres et d’arbustes, pré fleuri pour papillons, étangs grouillants et haies vives pour abriter et nourrir les oiseaux sont autant d’aménagements que l’on retrouve dans ces cours nouvelles. Ces projets de naturalisation créent de véritables classes vertes à portée de main où les cabanes et les mangeoires d’oiseaux sont plus abondantes que les fissures dans le pavage.

Il y a une vingtaine d’années, un programme visant l’amélioration des cours d’école a vu le jour en Angleterre sous l’appellation « Learning through Landscape ». Ce projet fut un grand succès et constitue une des initiatives en la matière qui exerça le plus d’influence sur le mouvement actuel. Plus proche de nous, on compte des milliers d’écoles en Amérique du Nord qui ont saisi l’occasion, au cours de la dernière décennie, d’exploiter le potentiel fabuleux que représentent ces vastes espaces stériles afin de les transformer en de sensationnels espaces naturels qui permettent aux enfants d’apprendre, de jouer et de socialiser différemment.

Les bénéfices de ces transformations sont connus depuis longtemps. Dès 1915, on reconnaissait que le jardinage à l’école était un élément important pour la santé et l’éducation des enfants en plus de contribuer à améliorer la qualité de vie dans les villes. Aujourd’hui, en plus de porter des vertus sanitaires et sociales à ces projets, on leur attribue un rôle important dans l’éveil d’une conscience écologique chez nos jeunes.

Bien entendu, la naturalisation des cours d’école contribue à rehausser le niveau de confort physique des enfants. L’ombre apportée par les arbres protège des radiations solaires. Ces mêmes arbres filtrent les polluants et les poussières, protègent du vent et créent des environnements plus cléments en hiver. L’ensemble de l’aménagement réduit le bruit et fournit des espaces plus calmes où les enfants peuvent mieux se reposer.

Des avantages sont également perceptibles sur le développement et le confort psychologique des enfants. Dans une cour d’école naturalisée, les enfants sont moins sujets à l’ennui et peuvent plus facilement s’approprier les lieux et apprendre à leur rythme par le biais d’activités individuelles d’exploration, de récolte, de contemplation, de construction… De plus, ces aménagements fournissent des espaces plus propices au jeu et aux échanges sociaux entre les enfants. Cela convient particulièrement bien aux enfants moins portés à socialiser ou moins enclins aux sports d’équipe.

Le simple verdissement des clôtures périphériques par la plantation de plantes grimpantes constitue un geste efficace. Cela réduit l’aspect « cour de prison » si caractéristique de bien des espaces de récréation scolaire et, contrairement aux appréhensions souvent formulées, ces initiatives contribuent à réduire le vandalisme. Les professeurs participants reconnaissent que le verdissement et l’amélioration des espaces extérieurs de l’école réduisent les comportements violents, le taxage, le vandalisme et la pollution. Des études démontrent d’ailleurs que cela entraîne une diminution de la délinquance juvénile dans les communautés où on procède à la naturalisation des cours d’école.

Les enfants des villes et banlieues d’aujourd’hui ont un accès restreint à la nature sauvage et ils ont très peu la chance de l’explorer. Alors que les budgets pour les activités scolaires éducatives sont de plus en plus rares, les occasions de sorties nature sont limitées, voire inexistantes. La naturalisation des cours d’école devient donc une nécessité afin que nos enfants fassent l’expérience de la nature in situ et non pas seulement par le biais de la télévision et les livres. Le contact quotidien avec la nature sauvage contribue à éveiller la conscience écologique des enfants et ce bien au-delà de tous les apprentissages académiques possibles en classe.

Peu importe la grandeur du site, il y a toujours une amélioration nature possible. Que ce soit par la plantation d’arbres, la création d’un pré fleuri ou le verdissement des clôtures, la naturalisation des cours d’école permet d’assainir l’environnement des écoliers et leur donne l’occasion de recevoir un enseignement de la nature elle-même dans un cadre naturel. L’utilisation des plantes indigènes pour la naturalisation aide à développer un sentiment d’appartenance et stimule la curiosité envers l’environnement naturel local. Tous les programmes qui supportent de telles démarches en font d’ailleurs l’éloge (voir les liens plus bas). C’est dans cet esprit qu’Indigo a développé ses « Collections Cour d’école  » pour l’ombre ou le soleil. Ces collections constituent un complément idéal à tout projet de naturalisation où l’on prévoit la plantation d’arbres ou d’arbustes. Il est désormais plus facile de faire jouer à nos cours d’école un rôle dans la protection de la biodiversité. Celui d’éduquer nos enfants à la cause environnementale, à l’importance de protéger le monde naturel et ainsi permettre aux petits de prendre contact avec la nature dans un esprit de cohabitation.

Pour plus d’informations
http://www.evergreen.ca/fr/
http://nature.ca/plnt/res/res_act_f.cfm#sggr
http://www.biodiversityonline.ca/schoolgrounds/